J’étais un Jeune Journaliste

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J’étais un Jeune Journaliste est un projet d’album né en 2005 du refus répété que m’opposait à l’époque les éditeurs. Étant lassé de recevoir les réponses très sympathiques d’éditeurs qui prenaient la peine de me rappeler pour me dire que le style leur plaisait vraiment personnellement et que si quelqu’un d’autre l’éditait, ils l’achèteraient :

Je me suis lâché !

Un extraterrestre est venu m’apporter la révélation : Zim !

J’étais déjà fan d’un dessin-animé, qui passait sur Nickelodeon et qui n’est jamais arrivé en France : Invader Zim, créé par le très génial Jhonen Vasquez.

Invader Zim met en scène Zim : extraterrestre en mission d’infiltration sur Terre et son acolyte G.I.R. qui est un robot servant défectueux et schizophrène. Par ce résumé succinct, l’ambiance est posée.

Ce dessin-animé, qui était proposé dans la tranche horaire précédent les Razmoquette, est complètement déjanté, il n’a de cesse que de s’approprier les codes du dessin-animé et les tordre pour les mettre sans dessus dessous.

Dans un des épisodes Zim, pour se débarrasser d’un enfant trop présent, lui arrache les yeux et les fait remplacer par des yeux bionique qui lui font croire qu’un écureuil est Zim (qui se retrouve donc débarrassé du gêneur). Dans un autre épisode un monstre (genre Godzilla) déguisé en nounours avale les occupants d’un bus scolaire.

Vous n’avez pas tout suivi ?… C’est exactement l’esprit !

Paris est donc devenu le terrain de jeu de mon imagination brisée.

Partant du postulat que le noir semi-réaliste ne convaincrait jamais aucun éditeur, je me suis laissé emmener vers le courant de mon imagination acidulée. Ainsi, J’étais un Jeune Journaliste est un projet haut en couleur qui propose un style cartoon très personnel qui casse les codes habituellement proposés.

Un autre aspect important de ce projet est l’omniprésence tentaculaire de l’urbanisme parisien, qui devient ici un être vivant qui apporte à même les logements, la nourriture et la boisson.

C’est un monde parallèle, presque futuriste, dans lequel tout le monde à sa place et est adapté à son utilité. Ainsi les physiques même des personnages sont forgés par leurs situations : ils pourront être déshumanisés à loisir.

Une intrigue démentielle pour servir un monde déjanté.

Dans ce monde ou les humains sont modelés à leurs fonction, nous allons suivre le personnage de Forzzio : jeune diplômé de journalisme qui cherche à intéresser une rédaction et veut rédiger un article de fond sur le massacre rwandais de 1994 sous un angle nouveau et sans concession.

Puisque Forzzio ne rentre pas dans les cases de ce Paris, parce qu’il enquête sur un sujet politiquement sensible, il va se retrouver au centre d’une enquête qui le désignera, tout d’abord comme un meurtrier, puis un terroriste… bref, un ennemi du système.

Les codes de la Bande Dessinée ? Tordons-leur la bulle !

Comme Jhonen Vasquez j’ai cherché à tordre les codes pour mon usage. Ainsi les bulles sont des objets physiques de l’histoire, les décors changent et s’expriment au fur et à mesure de l’intrigue, les cases se divisent ou se regroupent au fil de leurs envies, et les figurants ont une existence propre autour de Forzzio.

Emballé c’est pesé !

Depuis la création de ce projet, j’ai toujours été aussi étonné par la réaction des éditeurs lorsqu’ils arrivent à cette partie de mon book :

Alors que mon travail graphique principal éveille, au fil du temps, de plus en plus d’intérêt, les éditeurs de Bande Dessinée ne semblent pas voir ces planches, ils disent ‘Ah, c’est différent…’ et passent à la thématique suivante.

Cette réaction ne me choquerait pas si elle ne contrastait pas autant avec les réactions des lecteurs qui sont très souvent enthousiastes et prompts à me demander quand je me remettrai à dessiner une histoire dans ce style graphique.

Qu’en pensez-vous ?

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